En quoi et jusqu’où les adolescents d’aujour’hui nous obligent à inventer ?

Écrans et numérique, addictions, immigration...
En quoi et jusqu’où les adolescents d’aujourd’hui nous obligent-ils à inventer ?

A maints égards, nous éprouvons, parfois à nos dépends, la vanité de nos modes de traitement – éducatifs, sociaux, thérapeutiques… – des phénomènes juvéniles actuels. Ceux-ci nous confrontent à des questions inédites face auxquelles nos discours, nos pratiques et les théories qui les sous-tendent se révèlent, à l’occasion, inopérants voire contreproductifs. Les impératifs économiques imposent alors leur logique, souvent implacables, des fois déshumanisantes, à quoi nous ne savons pas toujours quel discours opposer.

De fait, le réel de ce que vivent les adolescents d’aujourd’hui – phénomènes migratoires, usages des technologies numériques, consommations addictives… – vient interroger nos usages institutionnels et professionnels habituels nous convoquant au devoir de créer, ce qui ne saurait se faire sans remettre en question ce que nous savons. Cela ne va pas de soi ! Aussi continuons-nous le plus souvent à tenir à ce qui nous est familier, quoique nous le pressentions obsolète, à mesure que nous ne savons pas comment ni par quoi le remplacer.

Dès lors, de nombreuses questions se posent à nous : les adolescents d’aujourd’hui sont-ils si différents que ceux d’autrefois ? Sommes-nous suffisamment vigilants à prendre en compte ce qui, de nouveau, survient chez les adolescents et les adolescentes d’aujourd’hui ? A quelles difficultés sommes-nous confrontés lorsqu’il s’agit d’envisager d’inventer, sinon d’innover, dans nos pratiques et nos discours ? Comment faire autrement avec le mal-être de l’adolescent moderne ? De quels changements s’agit-il ?

Cette 11e journée d’étude sur l’adolescence proposée par PASAJ et l’association Parentel sera l’occasion, sur la base de la présentation de pratiques nouvelles, d’analyser les enjeux de l’impact du passage adolescent (ses difficultés et ses manifestations symptomatiques actuelles) sur ses modes de traitement institutionnels au plan des groupes et des individus, et d’envisager ce à quoi, de nouveau, fait appel le sujet.

Daniel COUM,
Psychologue clinicien et directeur des services de l’association Parentel.